Synthèse
À la lecture de ce document, vous comprendrez comment grâce à une communication contrôlée et manipulée, le système Ciotti aura réussi à vous faire croire pendant des années à une bonne gestion de l'argent du contribuable et à une action volontariste du Département.
À coup de slogans sur la dette, ou l'incapacité de certains à gérer l'argent public, vous verrez que comme bien souvent, l'arbre cache la forêt. Et que s'il est vrai que la situation économique de l'institution départementale semble stable, la vraie question qui se pose est : à quel prix ?
Vous comprendrez le cynisme d'un homme, Eric Ciotti, qui préfère investir dans un hôtel de luxe au sein de son canton au détriment des administrés dont il a légalement et moralement la charge dans le département et qui sont les premières victimes des crises successives qui s'accumulent depuis quelques années.
Peut-être diriez-vous, mais pourquoi ne pas cibler celui qui est désormais à la tête de l'institution départementale ? Les faits montrent qu’Éric Ciotti, reste le véritable patron du Conseil départemental des Alpes-Maritimes.
Il faut rappeler que depuis 2019, Eric Ciotti est visé par une enquête du parquet de Nice pour détournement de fonds publics, à la suite d’un signalement déposé par Anticor. L’enquête devra déterminer si l’élu utilise indûment des moyens du Conseil départemental. Selon cette association, pour contourner la loi sur le non-cumul des mandats, Eric Ciotti se retrouve, alors qu’il n’est plus président, avec des moyens matériels et humains aussi importants que le président lui-même, voire plus importants, qui n'existent nulle part ailleurs en France. Symboliquement, il faut rappeler qu’il a conservé son bureau de Président.
Il faut aussi regarder les investissements réalisés au sein du canton de l'incontournable Président de la Commission des finances départementales. Une grande partie des budgets du Département ont été orientés vers le canton d’Éric Ciotti pour financer, parfois, des projets démesurés qui laissent penser à un gaspillage de l’argent du contribuable. Voici quelques illustrations : 1,5 M€ investis dans la tyrolienne de la Colmiane, 8,2 M€ investis dans un hôtel à Saint Martin Vésubie via Habitat 06, 16 M€ investis dans le Centre thermal de Roquebillière, 26 M€ investis dans le Vesubia Mountain Parc. En 2022, toujours dans son canton, il annonce la construction d'un stade d'eaux vives de 4000 mètres carrés sans aucune concertation. Un projet de bétonisation aussi antiécologique que coûteux.
D’après nos calculs, rien qu’avec le Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore, véritable outil politique aux mains d’Éric Ciotti, financé à 95% par le Département, et qui lui permet de contrôler une partie de son canton, un territoire de 6 communes et de 6000 habitants, le Département aurait déjà investi depuis 2012, avec la contribution financière au syndicat et les subventions aux projets du syndicat, entre 100 et 130 M€. Ce qui représente environ 2000€ par an et par habitant. Pour rappel, la dépense d’aide sociale du Conseil départemental des Alpes-Maritimes est de 570€ par an et par habitant.
Il est très difficile d’avoir des chiffres plus précis au sujet ce syndicat mixte car le Département fait preuve d’une opacité inouïe sur ses contributions à cet organisme. Tout laisse croire que les sommes seraient plus importantes. La Commission d'accès aux documents administratifs, a même rendu des décisions pour obliger le président du syndicat mixte à communiquer des documents à un administré. (Avis numéro 20171681 et 20165642).
Il faut ajouter à ces investissements la dotation cantonale, les subventions versées aux communes du canton et bien sûr aux associations. Aucun autre canton, même celui du Président, ne bénéficie de tels moyens.
Et non, ne cherchez pas à justifier ces investissements par cette terrible tempête Alex. Tout ce que vous lirez était décidé, bien avant cela. Oui le comble du cynisme et ce, dans le plus grand silence et à l'indifférence générale.
Le problème n’est pas que le Département investisse, même si on peut se poser la question de l’équité territoriale des investissements. Le scandale est qu’en parallèle de ces investissements, depuis 2009, le Département ne cesse de diminuer ses budgets consacrés à la solidarité et de s’éloigner de nos concitoyens alors qu’il est le chef de file de l’action sociale et que ses ressources augmentent. Ainsi, par exemple, la part des crédits alloués à l’action sociale dans le budget général a diminué en passant de 40% en 2013 à 37% en 2024.
A l'action s'est substituée la communication. Le Département refuse ainsi de mettre en œuvre une politique sociale volontariste, préférant ostensiblement augmenter les dépenses qui pourraient contribuer à fidéliser des électeurs, comme les subventions aux communes et aux établissements publics (+23% depuis 2011 pour le budget solidarité territoriale) aux associations sportives (+35% depuis 2017), culturelles (+7% depuis 2017), ou encore les dépenses de communications « Annonces et insertions » (+ 266% depuis 2017, passant de 289 612€ en 2017 à 1 061 086€ en 2025).
Nul doute que si pareils projets et arbitrages avaient été ordonnés par le premier magistrat d'une collectivité sur laquelle lorgne Eric Ciotti, ce dernier n'aurait pas manqué à son habitude de tapage médiatique, aurait saisi sa plume pour rédiger chaque jour un nouveau courrier plus véhément que la veille, voire même aurait subventionné une nouvelle association lyonnaise pour s'opposer au projet.
Cette belle collectivité territoriale qui était un acteur majeur du développement du territoire est devenue au fil des ans une institution sans âme, une machine politique totalement verrouillée au service de l’ambition personnelle d’un seul homme plus intéressé par les sujets qui font le buzz médiatique et son rêve d’être ministre de l’Intérieur ou Maire de Nice, que par les questions de solidarité qui sont pourtant la raison d’être du Département.
Eric Ciotti ne cesse de vanter sa bonne gestion financière. Cette dernière est le résultat d'une recette « miracle » : un désengagement généralisé au cours de ces dernières années sur les principales compétences sociales confiées à notre collectivité territoriale par la loi. Il a consciencieusement détricoté, raboté et fragilisé les politiques sociales départementales : la protection de l’enfance, le soutien à la jeunesse, la lutte contre la précarité, les aides à nos seniors dépendants et aux personnes en situation de handicap.
Au moment où les crises se succèdent et où nos concitoyens des classes moyennes comme les moins fortunées sont étranglés par l'inflation, nous aurions pu espérer que le Conseil départemental des Alpes-Maritimes, en tant que chef de file de l'action sociale, se serait soucié de soutenir ceux dont il a légalement la responsabilité, les plus fragiles d’entre nous. Mais il n’en est rien.
L’action d’Éric Ciotti au Conseil départemental s’apparente à une véritable casse sociale. Et nous le prouvons ici avec des données concrètes issues des documents budgétaires de l’institution mais aussi des analyses et des rapports de différentes institutions comme la Cour des comptes, ou l’INSEE.
On ne peut que regretter ces désengagements et cette instrumentalisation du Conseil départemental des Alpes-Maritimes qui abandonne ceux qui ont besoin d'aide, qui affaiblit la cohésion sociale, qui manque à son devoir de solidarité.
Voilà la réalité du bilan d’Éric Ciotti, un bilan noir qu’il fera tout pour dissimuler.
Il n'est pas trop tard pour redresser la barre. Il faut réagir vite et fort.
L’objectif de ce document est double. D’une part, alerter les Maralpins sur cette mauvaise gestion du Département masquée par une belle communication. D’autre part, inciter l’exécutif départemental à prendre conscience de la gravité de la situation dans laquelle il se laisse enfermer, et ainsi redresser la barre, redonner au Département le rôle et le rang qui doivent être les siens.